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Le Magicien des Peurs
Catégorie :
Caroline Foucher

Le Magicien des Peurs

Voici un complément de l’article « Digère ton ressenti » où ce texte trouve sa place dans les
émotions qui n’ont pu s’exprimer !

Il était une fois, une seule fois, dans un des pays de notre monde, un homme que tous appelaient le
Magicien des Peurs.


Ce qu’il faut savoir, avant d’en dire plus, c’est que toutes les femmes, tous les hommes et tous les
enfants de ce pays étaient habités par des peurs innombrables.
Peurs très anciennes, venues du fond de l’humanité, quand les hommes ne connaissaient pas encore
le rire, l’abandon, la confiance et l’amour.


Peurs plus récentes, issues de l’enfance de chacun, quand l’incompréhensible de la réalité se heurte à
l’innocence d’un regard, à l’étonnement d’une parole, à l’émerveillement d’un geste ou à l’épuisement
d’un sourire.


Ce qui est sûr, c’est que chacun, dès qu’il entendait parler du Magicien des Peurs, n’hésitait pas à
entreprendre un long voyage pour le rencontrer. Espérant ainsi pouvoir faire disparaître, supprimer
les peurs qu’il ou elle portait dans son corps, dans sa tête.


Nul ne savait comment se déroulait la rencontre. Il y avait, chez ceux qui revenaient du voyage,
beaucoup de pudeur à partager ce qu’ils avaient vécu. Ce qui est certain, c’est que le voyage du
retour était toujours plus long que celui de l’aller.


Un jour, un enfant révéla le secret du Magicien des Peurs. Mais ce qu’il en dit parut si simple, si
incroyablement simple, que personne ne le crut.


« Il est venu vers moi, raconta-t-il, m’a pris les deux mains dans les siennes et m’a chuchoté
« Derrière chaque peur il y a un désir. Il y a toujours un désir sous chaque peur, aussi petite ou aussi
terrifiante soit-elle ! Il y a toujours un désir, sache-le ».


« Il avait sa bouche tout près de mon oreille et il sentait le pain d’épice, confirma l’enfant ce qui fit
sourire quand même ceux qui l’écoutaient. Il m’a dit aussi : « Nous passons notre vie à cacher nos
désirs, c’est pour cela qu’il y a tant de peurs dans le monde ».


« Mon travail, et mon seul secret, c’est de permettre à chacun d’oser retrouver, d’oser entendre et
d’oser respecter le désir qu’il y a sous chacune de ses peurs. »


L’enfant, en racontant tout cela, sentait bien que personne ne le croyait. Et il se mit à douter à
nouveau de ses propres désirs.


Ce ne fut que bien des années plus tard qu’il retrouva la liberté de les entendre, de les accepter en
lui.
Source : Jacques Salomé « Tais Tes-toi quand tu parles »


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